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Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) / La Communication NonViolente initiée par Marshall Rosenberg

Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs) / La Communication NonViolente initiée par Marshall Rosenberg

Dans un article précédent, nous avons évoqué l’influence de Carl Rogers, psycholoque américain (1902-1987), sur l’élaboration de la Communication NonViolente par Marshall Rosenberg, qui a été son élève et collaborateur.
Comment est née la CNV et quels sont ses principes? Quelles en sont les principales
variantes? Des questions passionnantes auxquelles cet article va permettre de donner un début de réponse, tant le domaine est vaste.

Sa vie

1934: naissance de Marshall Rosenberg
1961: obtention de son doctorat en psychologie clinique (au Wisconsin) Années 60: collaboration avec Carl Rogers, médiateur dans des conflits
1968: publication de son 1er livre: «Enseigner en diagnostiquant» («Diagnostic teaching»)
1984: création du Centre pour la Communication NonViolente aux Etats-Unis pour diffuser son approche
1999: parution de son best-seller «Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs). Introduction à la Communication NonViolente»
2006: édition du livre «Enseigner avec bienveillance. Instaurer une entente mutuelle entre enfants et enseignants»
2015: Décès

Marshall Rosenberg naît en 1934 dans le Michigan. À partir de 9 ans, il déménage dans un quartier turbulent de Detroit, où le racisme se conjugue à la violence. Il en est lui-même victime, car à l’école son nom de famille lui vaut coups et insultes. Cette période marque un tournant décisif dans sa vie, il décide de tout mettre en œuvre pour comprendre ce qui pousse les gens à devenir violents. Son objectif: trouver une manière pacifique de vivre les différences et les conflits, bref de communiquer sans violence.

Il obtient un Doctorat en Psychologie clinique à l’université du Wisconsin en 1961. Il est persuadé que cela va l’aider à trouver les liens qui existent entre notre façon de penser et de nous exprimer. Il recherche d’abord des pistes dans le milieu universitaire. N’en trouvant pas de satisfaisantes, il se met en quête de ses propres solutions. C’est pourquoi il se forme à l’approche créée par Carl Rogers (l’Approche Centrée sur la Personne[1]), qui pose comme base de toute relation la considération positive inconditionnelle de soi et de l’autre.

Les travaux de Rogers lui sont précieux, Marshall décide de collaborer avec lui. S’inspirant également de la démarche non violente de Gandhi et de Martin Luther King, il commence dès 1963 à élaborer les principes de base de ce qui devient la «Communication NonViolente», connue aussi sous son appellation abrégée «CNV». Il va continuer à peaufiner sa méthode pendant de nombreuses années.

À partir de 1966, il joue un rôle de médiateur dans des conflits d’envergure (entre communautés, institutions, etc.), tout comme Rogers, mais en utilisant son nouvel outil de CNV. Il voyage ensuite dans le monde entier pour intervenir en tant que médiateur international et promouvoir la paix.

Puisque son travail le met en contact avec des personnes qui souhaitent diffuser son approche, il crée en 1984 le Centre pour la Communication NonViolente ainsi qu’une série d’outils didactiques. Ce centre, situé en Californie, est constitué de dizaines de formateur·trice·s certifié·e·s qui enseignent la méthode de CNV à travers le monde. Aujourd’hui, la formation est dispensée et pratiquée dans plus de 120 pays.

Les principes de la Communication NonViolente

«La CNV est une façon de penser, de parler et d’agir, au service d’une intention de bienveillance, autant pour soi que pour l’autre», écrit Anne van Stappen, formatrice belge en CNV depuis 1995[2].

Il s’agit donc d’une démarche qui dépasse le seul cadre de la communication et qui développe la bienveillance comme base de toute relation. Cette attitude, véritable attitude de vie, a pour vocation d’être bénéfique pour l’épanouissement de chacun·e, et plus largement, vise à la coopération et aussi la paix.

La CNV s’appuie sur le constat que toute personne a des besoins. S’ils ne sont pas suffisamment satisfaits, ils vont générer des émotions et sentiments d’inconfort qui peuvent mener à de la violence. Apprendre à identifier ses sentiments et découvrir le besoin à satisfaire sont deux étapes-clés pour pouvoir poser l’action ou la demande qui va permettre la satisfaction du besoin.

Ce principe est simple à comprendre, mais pas toujours à mettre en pratique. En effet, dès notre plus jeune âge, nous avons appris à juger, critiquer, culpabiliser… ce qui a tendance à bloquer la communication. Par exemple, si je me plains qu’un·e collègue est plus attentif·ve que moi aux détails, je vais le traiter de «pointilleux·se et maniaque». Si c’est moi qui le suis, je vais le/la considérer comme «brouillon·ne et inorganisé·e». Dans les deux cas, je vais lui reprocher sa façon de travailler, sans lui dire de quoi j’ai besoin pour bien travailler ensemble.

Dans son ouvrage devenu un best-seller «Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)», Rosenberg explique: «Le rôle déterminant de l’usage que l’on fait des mots m’a toujours frappé. Notre relation au langage, de par notre éducation, pousse la plupart d’entre nous à étiqueter autrui et à exiger plutôt qu’à prendre conscience de nos sentiments, de nos envies et de nos responsabilités. J’ai donc encouragé les gens à dépasser cette communication aliénante pour qu’ils apprennent à exprimer leurs véritables désirs, à entendre la demande derrière le message exprimé et essayer d’y répondre».

Ce livre détaille la méthode de façon claire et structurée, propose des exercices pour vérifier la compréhension et invite à la pratique dans tous les domaines de notre vie: au travail, en famille, etc.

Dès les premières pages, la démarche de la CNV est détaillée en 4 étapes. Elle peut s’utiliser dans toute situation de désaccord, d’incompréhension ou de frustration.

Première étape: observer, sans juger, ni interpréter

Il s’agit d’abord d’observer le comportement concret de l’autre qui affecte notre bienêtre. Sans juger ni interpréter, juste observer.

Bien souvent, nous n’avons même pas conscience de juger ou d’évaluer, cette étape est donc fondamentale. Pour M. Rosenberg, les jugements que nous portons sur les autres, tout comme la colère ou la culpabilité, sont des manifestations détournées de nos propres besoins insatisfaits.

La CNV préconise de décrire la situation qui pose un souci, comme «je n’arrive pas à lire le texte que tu as rédigé» plutôt que de juger l’autre en disant: «tu écris mal».

Ne pas critiquer ou juger l’autre lorsque je lui parle du comportement en question est important car s’il se sent critiqué, il va se défendre et ne plus nous écouter.

Deuxième étape: exprimer le sentiment vécu suite à ce comportement

Après avoir observé ce qui ne nous convient pas, nous pouvons exprimer l’émotion, le sentiment que nous vivons suite à ce comportement. Ceci n’est pas si évident non plus, pour plusieurs raisons.

Le psychologue américain fait le constat que sur les 21 années passées sur les bancs de l’école, personne ne lui a demandé comment il se sentait. «Les sentiments étaient tout simplement négligés; ce qui comptait c’était ‘la bonne façon de penser’ – définie par ceux qui occupaient des postes clés ou détenaient quelque autorité. Nous sommes davantage formés à diriger notre attention sur les autres qu’à être en contact avec nous-mêmes. Nous apprenons à ‘fonctionner avec notre tête’ (…)»[3]. Résultat: nous nous coupons régulièrement de nos émotions avec l’idée qu’il faut être fort, performant, etc.

Nous avons peur d’exposer notre vulnérabilité, alors que c’est elle qui constitue à la fois notre humanité et notre authenticité dans la rencontre (c’est le principe de congruence développé par Rogers).

Dans les exercices, Rosenberg explique par exemple que lorsque je dis «j’ai le sentiment que tu ne m’aimes pas», contrairement aux apparences, je ne parle pas de mon sentiment mais de celui que j’attribue à l’autre. Pour exprimer un sentiment, je pourrais dire: «je me sens triste» ou «je suis très malheureux»[4]. C’est le même mécanisme lorsque je dis «je me sens incompris»: en réalité je donne mon opinion sur la (non-)compréhension de l’autre. Alors qu’en disant: «je suis déçu», «je suis découragé» ou «je suis agacé», c’est bien de mon ressenti qu’il est question.

À cela s’ajoute le fait que nous manquons de mots pour préciser le sentiment qui nous habite. Même pour parler d’une situation positive, nous nous contentons souvent de dire «je me sens bien», alors que cette expression comporte toute une gamme d’émotions comme «je suis content, enthousiaste, soulagé, calme ou autre»

Pour nous aider à clarifier notre ressenti et étoffer notre vocabulaire, l’ouvrage propose quelques listes de mots par thème. Cela peut sembler étrange, mais il est vrai que si l’on y prête attention, le langage que nous utilisons en cas de conflit se révèle souvent bien pauvre face à l’immense palette de mots existants.

Dans cette étape, un autre point est essentiel: nous sommes invité·e·s à prendre la responsabilité de notre vécu. Même si l’autre a eu un comportement qui a déclenché mon émotion, c’est moi qui suis responsable de la façon dont je reçois les paroles et actes des autres. Il y a plusieurs façons d’accueillir un message négatif, dont les 4 principales sont:

– se sentir fautif·ve;

– rejeter la faute sur l’autre;

– percevoir mes sentiments et besoins;

– et percevoir ceux des autres.

Au lieu de me blâmer ou de blâmer l’autre, je peux prendre la responsabilité de mes besoins, désirs, attentes, valeurs ou pensées. Cela peut s’apprendre, se développer et se pratiquer par tout un chacun·e.

Une phrase formulée en «JE» permet d’indiquer que je prends bien cette responsabilité. La différence est importante entre la phrase «TU m’as déçu en ne venant pas hier soir» où l’accent est mis sur l’autre, et la formulation en CNV «J’étais déçu que tu ne viennes pas parce que JE voulais discuter de certaines choses qui me préoccupent», dans laquelle je prends responsabilité de mon vécu.

C’est cet apprentissage, à la fois de formulation et de prise de responsabilité que pro pose la CNV et les autres méthodes de communication qui lui sont apparentées.

Et comme nous venons de le voir, cela commence déjà par «parler en JE» au lieu d’attaquer l’autre par un «TU» comme nous le faisons spontanément si nous n’y sommes pas attentifs.

Pourquoi est-il si important de prendre en compte nos sentiments et émotions? Leur rôle est de nous fournir des informations sur notre degré de bien-être et de satisfaction de nos besoins. Ceci nous amène à l’étape suivante…

La CNV et les autres méthodes de communication apparentées proposent une formulation respectueuse de soi ET de l’autre. Elles favorisent aussi la prise de responsabilité dans la situation.
«Parler en JE» au lieu de pratiquer le «TU» de reproche à l’autre en est l’un des éléments-clés.

 

Troisième étape: exprimer le besoin lié au sentiment

Dans cette 3e étape, M. Rosenberg préconise d’exprimer le besoin lié au sentiment. Le besoin est important à identifier, pour avoir ensuite l’occasion de pouvoir le satisfaire et augmenter notre bien-être.

Ainsi, au lieu de critiquer l’autre «TU ne fais jamais la vaisselle même quand c’est ton tour», je pourrais lui dire: «Lorsque JE trouve l’évier plein de vaisselle, JE suis agacé parce que J’AI BESOIN d’ordre et de propreté» ou encore «Lorsque JE trouve l’évier plein de vaisselle, JE suis agacé parce que J’AI BESOIN que chacun respecte le tour prévu dans le planning».

Dans un monde où nous sommes souvent sévèrement jugés (d’égoïsme ou au contraire de faiblesse) lorsque nous révélons nos besoins, Rosenberg reconnaît que cette démarche peut faire peur. Surtout aux personnes qui ont été élevées avec l’idée qu’elles doivent sacrifier leurs propres besoins pour se consacrer aux autres.

Quatrième étape: exprimer sa demande dans un langage d’action clair et positif

La quatrième composante de la CNV consiste à demander ce qui peut contribuer à notre bien-être. Cela aussi est tout un art… ou du moins un apprentissage!

Pour commencer, gardons à l’esprit que: «Plus nous exprimons avec précision ce que nous voulons, plus nous avons de chances de l’obtenir»[5].

Il s’agit déjà de demander de façon précise ce que nous souhaitons, plutôt que ce que nous ne voulons pas. Le livre cite l’exemple d’une femme qui demande à son mari de «travailler moins». Par ces mots, elle ne lui demande pas clairement de passer plus de temps avec elle. Elle s’étonne qu’il s’inscrive à un tournoi de golf, croyant sincèrement répondre à sa demande!

Ensuite, être précis implique d’éviter les formulations vagues, ambigües ou abstraites. Par exemple: «Je te demande de frapper à la porte avant d’entrer dans ma chambre/mon bureau» est plus concret que «Je te demande de respecter ma sphère privée».

Enfin, faire une vraie demande et non une exigence, signifie que l’autre a le droit de répondre non à ma demande, sans que je lui en fasse le reproche. Si l’on y regarde de près, une série de nos demandes sont en réalité des exigences déguisées!

Le psychologue fait le constat que «Chaque fois que quelqu’un fait quelque chose pour nous par culpabilité, par honte, par devoir ou obligation, par crainte de la punition – bref, avec ce genre d’énergie – nous finissons par le payer»[6].

Au tour de l’autre…

La CNV vise au mieux-être de chacun·e·. Après avoir formulé ces quatre ingrédients (ou moins s’ils ne sont pas tous nécessaires), nous avons à écouter l’autre selon les quatre mêmes étapes, avec bienveillance et empathie.

«L’objectif de la CNV n’est pas de changer les autres et leurs comportements afin d’obtenir ce que nous voulons. Il est d’établir des relations fondées sur la sincérité et l’empathie qui, au bout du compte, satisferont les besoins de chacun».

Rosenberg témoigne: «Dès le moment où nous nous relions au niveau des besoins, où nous voyons l’humanité de l’autre, il est étonnant de voir comment des conflits qui semblaient insolubles finissent par se résoudre».

L’idée est que lorsque chacun a eu l’occasion d’exprimer pleinement ce qu’il observe, ressent, désire et demande, et que chacun a donné de l’empathie à l’autre, une solution satisfaisante pour l’un ET l’autre est généralement à portée de main. Ou du moins, on peut, en restant courtois·e, être d’accord de ne pas être d’accord.

La CNV peut s’avérer précieuse en cas de frustration ou de désaccord, mais pas seulement. Elle vise également à mieux exprimer sa gratitude et son émerveillement, qui participent tout autant à la qualité de la relation.

La danse de la girafe avec le chacal

Rosenberg utilisait deux animaux emblématiques pour symboliser nos façons de communiquer: la girafe (choisie car c’est l’animal terrestre qui a le plus grand cœur) et le chacal. Le chacal est cette partie de nous qui porte des jugements et accusations à quasi chacune de nos paroles. La girafe vient élargir notre point de vue et ouvrir le dialogue, grâce aux quatre étapes de la CNV. Ces marionnettes lui servaient de support pédagogique pour montrer dans un dialogue comment passer du mode chacal, notre mode habituel de communication, à celui de la girafe.

La CNV et l’école

Au début de sa carrière, Marshall Rosenberg s’est intéressé aux difficultés d’apprentissage de certains élèves. C’est pour faire prendre conscience de l’importance de leurs besoins particuliers qu’il publie en 1968 son premier ouvrage: «Enseigner en diagnostiquant» («Diagnostic teaching»). Il recommande aux enseignant·e·s d’individualiser leur enseignement en fonction des besoins des élèves.

Son intérêt pour l’éducation s’est maintenu sa vie durant. Il a notamment travaillé comme médiateur dans diverses écoles des Etats-Unis, les soutenant dans leurs efforts d’intégration vis-à-vis des minorités.

L’un de ses derniers livres, «Enseigner avec bienveillance», paru en 2006, est la transcription d’une conférence qu’il a donnée lors d’un congrès national des enseignant·e·s Montessori en Californie. Dans cette conférence (ovationnée!), il explique les principes de CNV et comment elle peut être utilisée en classe.

Ainsi, la CNV s’adresse aux parents, enseignant·e·s, éducateur·trices, ainsi qu’à toute personne désireuse de développer des relations riches en échanges.

Communiquer, ça s’apprend!

La CNV peut se découvrir en 2 jours d’initiation. Réussir à la pratiquer au quotidien nécessite toutefois du temps et de l’entraînement. Lire un livre de CNV ne suffit généralement pas à changer des habitudes de communication ancrées depuis l’enfance. Des modules de perfectionnement existent, ainsi que des cercles de parole pour les personnes désireuses de continuer à partager leurs expériences.

Les limites de la CNV

Même s’ils sont relativement peu nombreux vu le succès planétaire de sa méthode, Marshall Rosenberg a ses détracteurs. Certains voient l’homme comme un doux utopiste, voire un gourou.

D’autres pointent l’étrangeté du style de phrases adopté ou les limites de la méthode. Notons que ces limites relèvent avant tout de l’humain. Comme toute invention ou technique, tout dépend de l’intention avec laquelle elle est utilisée. Si la CNV est pratiquée dans le but de manipuler l’autre, cela ne va pas conduire à de la non-violence. Et bien évidemment, lorsque nous ne sommes pas deux à vouloir être dans la relation ou la bienveillance, une discussion peut vite déraper.

Mais nous pouvons tout de même utiliser la CNV avec une personne qui ne la pratique pas! Rosenberg l’a suffisamment démontré (notamment avec une personne qui le traitait d’assassin en début de soirée mais l’invitait à manger chez lui quelques heures plus tard). Il suffit souvent que l’une des deux personnes change sa façon de parler ou de voir les choses pour que la situation évolue différemment.

Prolongements et variantes, comment s’y retrouver parmi toutes ces méthodes de communication?

La CNV est une marque déposée. D’autres méthodes de communication, développées à la même époque ou depuis lors visent aussi la non-violence, que ce soit dans le cadre du travail ou dans le quotidien. Certain·e·s formateur·trices en CNV ont écrit des best-sellers qui les ont rendu·e·s célèbres.

En francophonie, la CNV a été reprise par le Canadien Guy Corneau. En Belgique et en France, elle a été popularisée notamment par Thomas d’Ansembourg et Anne Van Stappen, tous deux formateur·trice·s certifié·e·s et auteur·trice·s de nombreuses publications.

Jacques Salomé, psychosociologue français et auteur à succès, s’est inspiré des mêmes principes pour développer sa méthode de communication relationnelle baptisée ESPERE ©.

La communication assertive poursuit les mêmes objectifs de s’affirmer et d’écouter l’autre dans le respect mutuel, sans être «ni hérisson, ni paillasson».

Aux Etats-Unis, Thomas Gordon, lui aussi élève de Carl Rogers, a développé sa propre méthode de communication, appelée «méthode Gordon» ou «parents efficaces».

La CNV s’est également répandue dans le monde de l’entreprise. La méthode DESC qui s’en inspire (Décrire, Exprimer ressenti & besoin, Solution à trouver ou proposer, Conclure) est préconisée par divers auteur·e·s et consultant·e·s pour développer une bonne communication au travail, exprimer son désaccord ou encore formuler une critique de façon constructive.

Parmi ces différentes méthodes de communication, que ce soit au travail ou dans le quotidien, aucune n’est en soi meilleure ou plus performante que l’autre. Il s’agit plutôt d’une question de style: au niveau de la méthode elle-même, de la touche personnelle du formateur/formatrice, de son propre parcours au moment où on se lance dans la formation, de son domaine professionnel, etc. Tous ces facteurs vont expliquer que l’on se sente plus attiré·e ou à l’aise pour pratiquer l’une ou l’autre de ces méthode(s).

Nathalie Masure, Ligue de l’Enseignement


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Les formations de la Ligue de l’Enseignement:

La Ligue de l’Enseignement et de l’Éducation Permanente asbl propose régulièrement des journées d’initiation ou d’approfondissement à ces diverses méthodes.
Pour consulter les dates de formation, découvrez notre agenda des formations du site de la Ligue de l’Enseignement.


Bibliographie:

«Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs).

Introduction à la Communication NonViolente»

M. Rosenberg

Ed. La Découverte, Paris, 2005.

 

«La Communication NonViolente au quotidien»

M.Rosenberg

Ed. Jouvence,2003.

 

«Enseigner avec bienveillance»

M. Rosenberg

Ed. Jouvence, 2006.

 

«Spiritualité pratique. Les bases spirituelles de la Communication NonViolente»

M. Rosenberg

Ed. Jouvence, 2007.

 

«Quand la girafe danse avec le chacal. Les quatre temps de la Communication NonViolente»

S. Rust

Ed. Jouvence, 2008.

 

«Ne marche pas si tu peux danser»

A. van Stappen

Ed. Jouvence, 2009.

 

Internet:

www.grainesdepaix.org/fr/ressources/sinspirer/auteurs/rosenberg-marshall
www.lalibre.be/regions/liege/marshall-rosenberg-seduction-ou-prediction-51b8895de4b0de6db9abe536
www.heureuxenamour.com/2016-07-les-limites-de-la-communication-non-violente/
– https://reussir-son-management.com/la-methode-desc/
https://cnvbelgique.be/
https://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_Rosenberg

 

[1] Voir Eduquer: https://ligue-enseignement.be/ carl-rogers-ou-la-revolution-silencieuse-danslenseignement-comme-dans-toute-relation/

[2] «Ne marche pas si tu peux danser», Anne van Stappen , éd. Jouvence, 2009, p. 294. Après la partie romancée de cet ouvrage, Anne van Stappen consacre 20 pages aux notions de base de la CNV.

[3] «Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)», M. Rosenberg, éd. La Découverte, Paris, 2005, p. 58.

[4] Id. p 69.

[5] Id. p. 114.

[6] «Spiritualité pratique. Les bases spirituelles de la Communication NonViolente», M. Rosenberg, éd. Jouvence, 2007, p. 55 et 59.